Le SDT et son enquête publique. Voici notre avis à ce sujet, climat, biodiversité, ruralité et tourisme

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Voici donc le travail envoyé à la commune au sujet du futur Schéma de développement Territorial Wallon, présenté enquête publique jusque demain !
Ceci est notre avis sur ce qui concerne particulièrement notre commune en particulier et le Nord-Luxembourg en général.

Des AXES 1 et 2 détaillés et argumentés.
Pour nous un bon début et pas une fin.
Nous verrons si ce texte est voté ou pas avant les élections prochaines. dans moins d’un an.
Et s’il est voté de quelle manière il sera appliqué !

Je rêve déjà des couloirs écologiques. Il y en a un qui passe à côté (50 m)de chez moi et qui englobe Adventure Valley à Rome.
Mais reste-t-il encore une quelconque biodiversité à l’intérieur de ce site ?
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Administration communale de Durbuy
Rue Basse Cours 13
6940 Barvaux
C/O Veronique Rensonnet
urbanisme@durbuy.be

Concerne le SDT

Remarques et avis :

Axe 1

  • Ce document est plutôt globalement positif en tout cas au niveau de la prise encompte du climat/changements climatiques et biodiversité.
    C’est la première fois qu’un document de ce type intègre ces démarches dans la gestion des espaces. C’est un énorme progrès par rapport au SDER ou à ce même document de 2019

  • L’artificialisation des sols et la problématique désartificialisation, l’étalement urbain résidentiel et commercial inutile y sont soulignés.

  • L’importance paysagère est relevée ailleurs que dans les règlements européens.
    Mais ceux-ci devraient être mieux protégés en faisant entrer dans ce texte le droit au paysage pour les habitants.

  • Les principes d’une gestion de l’eau plus responsable (SA1C2 et SA1C1), plus social et plus juste devraient être mieux développés

  • Une réduction de l’artificialisation des sol (SA1C4) s’applique certainement à Durbuy.
    Le grignotage des terres agricoles est un problème mais la disparition des terres à usage agricole cultivées depuis des siècles, et qui par un coup de baguette magique lors des modifications des plans de secteur sont passées dans des zones constructibles, (au centre des villages ou en zone de loisir par exemple) devrait être pris en considération

    En tout cas ces terres devraient être protégées plus efficacement via une vision différente qui passe par l’utilité sociale, culturelle, climatique et nourricière des terres et non par une simple appartenance à un plan de secteur.

  • Les notions développées dans les onglets SA2P4 et SA2P5 sont importantes et devraient être renforcées dans les domaines d’application du résidentiel mais aussi des villages de vacances, les parcs de lodges, des développements autour des golfs.

     

  • Le chapitre SA3 fait un peu le grand écart avec les précédents SA1 et SA2.
    Il y a cependant quelques principes contenus dans le document qui devraient être affirmés avec plus de vigueur.
    Les paragraphes SA3écoP5, SA3écoP12 sont principalement destinés à la ruralité.
    Ceci devrait être mieux souligné.

  • Le chapitre SA4 s’applique curieusement aux zones touristiques comme la province du Luxembourg en tout cas sa partie Nord.
    Le constat présent au SA4C6 s’applique pleinement à Durbuy.
    L’enjeu présent sous le SA4E2 également au niveau de Barvaux.

  • Les principes de mise en œuvre de ce chapitre sont connus.
    Ils sont optimalisés pour les villes, peu pour la ruralité.
    Les difficultés en ruralité tiennent souvent à faire cohabiter des modes de transport dont les vitesses sont trop différentes.
    Pour faire cohabiter voitures, camions, véhicules électriques légers, vélos et piétons, sur les mêmes voiries, il faut limiter les vitesses de chacun pour les rendre compatibles.
    30 dans les villages, 50 entre les villages et 70 ailleurs serait un bon début .
    Ce serait bien de consacrer un SA4P11 à ce sujet.

  • Le chapitre SA5 est sans doute celui qui risque de changer la vie des citadins mais aussi celles des villageois. En particulier dans des zones touristiques.
    Le constat est éloquent
    Les 4 enjeux repris sont primordiaux pour la gestion climatique, des GES, des pesticides et autres pollutions, tel que le bruit.

    Le bruit est évoqué au point SA5P8. Il devrait être plus clairement défini comme pollution (qui tue) , non pas être réduits dans les habitations mais être réduit à l’extérieur. (Trafic, moto, incivilités dans les lieux de vacances, tourisme excessif.)

    Le point SA5M1 est demandé depuis plusieurs années en tout cas depuis les inondations de 2021. Il est urgent de le mettre en place
    La gestion des eaux de pluie durablement (SA5M6) par les communes est une urgence également

  • L’enjeu du chapitre SA6 est primordial pour les campagnes.
    Pour les paysages mais surtout pour la « culture rurale »
    Pour les ruraux, le territoire, les paysages, la biodiversité font partie de leur « culture », de leur façon de vivre et demain de leur façon de survivre.
    Ce chapitre est insuffisamment développé alors qu’il concerne un peu moins de la moitié des wallons.

    L’accent mis sur les liaisons écologiques est à souligner. En espérant qu’il ne s’agisse pas de vœux pieux.

Axe 2

Cet axe est essentiellement citadin sauf pour le chapitre A4 et A16.
Les autres chapitres tiennent peu ou pas compte des spécificités des campagnes.

  • Les enjeux A14E4, A14E5 et A14E6 font partie du quotidien des habitants de Durbuy.
    Le tourisme massif des opérateurs comme Marc Coucke n’est pas compatible avec le respect des gens , de leur habitat, des villages et des changements climatiques.

  • Les principes de mise en œuvres sont des DECISIONS POLITIQUES qui ne respectent pas les axes et chapîtres précédents générant un doute quant à l’application du SDT dans la future politique wallonne.
    Tourisme ou SDT ? Il faudra choisir !
    N’en déplaise aux élus de la province, le tourisme « de papa » tel qu’il est défendu par nos élus n’est pas compatible avec la gestion des espaces, la biodiversité ou la culture telle que décrite dans ce document..

  • Le chapitre A15 nous retourne encore vers une vision incohérente de la Wallonie où il semble que seul l’ancien tissu industriel , de Liège à Charleroi préoccupe toujours les ministres .

  • Le chapitre A16 est encore plus court. Rien pour les campagnes…

  • Le chapitre A17 parle tout de même des centralités villageoises et de leur attractivité commerciale.
    Gros retour en arrière pour ceux qui comme André Bouchat a fait mourir son centre ville pour développer des zonings commerciaux aux extérieurs.

    Depuis 40 ans tous les centres commerciaux sont construits en dehors des villes et villages, avec d’énormes parkings gratuits alors qu’ils sont payants au cœur des villes et villages.
    Le changement se trouve sans doute dans le concept « d’utilité publique ».
    Un boulanger, un boucher, un légumier, un quincailler ont une utilité publique et sociale au coeur des villes et villages pas les centres commerciaux aux extérieurs de ceux-ci

Axe 3

Dans l’axe 3, nous retiendrons la modification des plans de secteur.
En espérant qu’elle ne devienne pas un énorme marchandage comme la précédente.
De toute manière les plans de secteur actuels sont obsolètes : ils ne tiennent pas compte des changements climatiques, de la perte de biodiversité, des paysages et de la culture rurale…. Ils ne tiennent pas compte non plus des axes 1 et 2 de ce document.

Nous n’irons pas plus loin dans la critique de ce document.
Il est ce qu’il est.
A la fois une vision d’un territoire et affirmation de diverses opinions politiques, il est devenu hybride avec certains axes et chapitres qui ne sont pas compatibles entre eux.
C’est le premier gros défaut de ce document.
Le second défaut est la vision citadine, qui repose sur une Wallonie du passé, industrielle, minière , gérée par de grands groupes financiers.
Pourtant la richesse Wallonne, c’est la campagne, des centaines de milliers de petites entreprises, un source sans fin d’emplois et de savoir faire qui sont passés de crises en crises sans jamais faiblir.

Bernard Adam, Chantal Rossignon
Pour le Pays de Durbuy ASBL

 

 

 


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Author: Bernard Adam
Cuisinier à la retraite

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