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Le wallon, vous savez, cette langue qui caractérise si bien les gens de la partie francophone du pays, d'ailleurs d'eux, on dit : les Wallons, car ils sont les habitants de la Wallonie, Les Djins d’Amon nos-ôtes ! Jusque-là, je pense que pour tout le monde la chose est limpide.

 

Ou l'affaire se corse, c'est que le wallon se meurt, pas l'habitant, mais sa langue, son dialecte, je ne suis pas historien, mais de ma mémoire, je retire des éléments qui me permettent de dire que depuis les années 50/60, le wallon parlé est en déclin, il s'agit pourtant d'une partie conséquente de notre patrimoine immatériel, le wallon se meurt pourtant bel et bien.

 

De temps à autre, une émission, pour les anciens, passe à la radio, il est possible de retrouver certains spectacles ou des diffusions en Wallon sur la chaîne de la télévision publique francophone “La trois“. Dans nos villages, des pièces en Wallons sont présentées au public pour le plus grand plaisir des amateurs, mais malheureusement, les enfants n'y sont pas sensibles, leurs parents ne le parlent pas, ne le connaissent peut-être même pas ou alors de façon très limitée.

 

Est-il pensable d'accepter cet état de fait, est-il envisageable d'accepter la mort d'une partie de nos racines, ne devons-nous pas y remédier par des moyens adaptés à cette situation et en fonction de notre culture ?

 

Certains diront que cela est inutile, que d'autres choses sont bien plus importantes, certes, pour ces autres choses, il faut aussi agir, mais je vous rappelle que ce n'est pas la réponse adaptée pour la situation.

 

D'autres diront qu'avec le wallon on ne va nulle part, mais c'est inexact, en ayant une bonne connaissance de cette langue endogène, toute une littérature est alors accessible, sans parler des pièces, comédies et autres distractions de cabaret, des animations de marionnettes produites en wallon, notamment pour la Saint-Nicolas et la fête de Noël sont encore jouées de nos jours, au théâtre Tchantchès à Liège par exemple, et le public n'est pas composé que d'adultes, pas mal d’enfants se régalent des tribulations des personnages faits de bois et animés par des ficelles. Un pur bonheur.

 

Sans oublier les revues et comédies du “Troqua“ ou plus pompeusement le Théâtre du Trocadéro, ce haut lieu de la Cité ardente, un incontournable.

 

Je pourrais vanter que le wallon n'est pas vulgaire, contrairement aux idées reçues, il m’est aussi possible d’affirmer que toutes les personnes que j'ai rencontrées ces derniers temps sont unanimes à convenir qu'il était interdit de parler wallon à la maison, et cela, un peu après la Seconde Guerre mondiale ! Les trente glorieuses prenaient un accent très francophon dans la vie quotidienne. Alors tous ces gens ont appris, tout comme moi, à parler en cachette en écoutant les grands-parents, mais oui, on pouvait être autodidacte pour apprendre le wallon. Pour les maths et le français, c'était la une autre paire de manches.

 

Si bien qu’un constat établît qu'aujourd'hui, la plupart des personnes ayant passé la cinquantaine connaissent encore pas mal notre si belle langue wallonne.

 

Ce qui n’empêche l’urgence pour le sauver d’un naufrage annoncé.

 

Par chance, pour une fois, l’ensemble du conseil communal s’est entendu pour une adhésion de la Ville à la convention du projet de labellisation "Ma commune dit oyî".

 

Il s’agit en l’occurrence d’une délibération du conseil communal d'avril 2017, je vous en ai parlé dans le compte-rendu du conseil de l’époque.

 

Ainsi donc, et booster par l'initiative de la Province de Luxembourg, un projet pilote, une expérience sur le wallon dans nos villages a été mise en place par la Bibliothèque communale de Barvaux.

La première réunion est intervenue le 26 septembre en soirée, suivie d’une autre le 17 octobre, le succès était vraiment au rendez-vous ces deux soirées à la Maison Legros à Barvaux. La prochaine table de discussion est déjà fixée au 21 novembre à 19 h 00.

 

Rens : Maison Legros à Barvaux : 086/21.78.95 courriel : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..

Pour les documents officiels de la bibliothèque : cliquer ICI.

 

Le projet est évidemment à finalité intergénérationnelle, les ainés ayant le devoir moral de transmettre leurs connaissances aux plus jeunes, aux enfants, et l’école semble être l’une des pistes à ne pas négliger.

 

Deux réunions sont prévues à ce propos à la bibliothèque de Barvaux, Place du Marché, les 7 et 8 novembre à 11 h 00 (même tél et mail que ci-dessus).

 

Si vous avez des connaissances en wallon, votre présence est souhaitée, votre collaboration est même indispensable au nom de notre bonne vieille attache linguistique wallonne.

Soyons présents toutes et tous, vieux Wallons, et nous irons expliquer à nos enfants à d’jaser comme a’mon nos autes.

 

Et nous pourrons dire ensuite en montrant notre jeunesse : Vola pocwè k' on-z est fir d' esse Walon !

 

Rédacteur,

Alain ROPPE.

 

 

Liens à consulter :