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Écrit par Bernard Adam   
K Li T...ça vous étonne ? moi aussi ! je préfère qualité.
QUALITE . Partout présente. Un peu comme le vert qui nous pousse à croire que l'avenir est rose.
Une politique de qualité, un environnement de qualité, une démarche "qualité", des produits de qualité...des sites de qualité, j'en passe et des meilleurs.
C'est porteur et creux, donc ça marche. On dépense des fortunes autour de ce mot, des fortunes d'argent public à travers les programmes européens par exemple.
Leader et certains GAL (Groupe d'action local) en ont fait leur cheval de bataille....le tourisme "quailité" est  terriblement à la mode en ce moment.
Qualité ? What's that ?
Il y a 40 ans nous pensions (il y en a qui le pensent toujours ...) que ce mot recouvrait quelques chose d'universel.
Un produit de qualité était une notion commune à une civilisation sinon au monde entier, pour tous pareille, constituée de critères inamovibles
incontestables.
Par exemple...pour qu'un jambon soit "bon", "de bonne qualité", il devait contenir un moins de X% de sel, moins de X bacteries pour 100 grs, être fumé avec des mélanges de bois exempts de résineux...etc.
Et puis, il devait avoir du goût, le goût typique de chez nous... (?)

Au cours des années 80, pour le même produits, sont venus se greffer d'autres exigences (rencontrées ou pas) comme par exemple, la provenance de la viande, le type d'élevage et de nourriture. Puis le type d'entreprise (petite ou grande), le type de sel employé, le goût était-il naturel ou "ensemencé", et bien d'autres choses encore.
D'un coup, la qualité devenait complexe.

Dans les années 90, on s'est apperçu qu'il fallait adapter ce jambon à chaque public, les uns l'aimant sec, les autres tendre, certains plus salé d'autres moins, certains plus gouteux... pour certains ils devaient même être fumés avec un peu de "sapin" pour être "bon".
Là on frisait déjà la crise de nerf.

ET puis hooo catastrophe, le petit commerce disparaissant, pour être de "bonne qualité" et être vendable, il devait(en plus) être adapté à d'autres distributeurs...la grande distribution !
"La qualité " "Carrefour" ou "Colruyt" ajoute des exigences: l'emballage, la durée de conservation, la facilité de stockage, et même la hauteur des camions adaptée au déchargement chez les grands distributeurs.

Voilà donc notre jambon perdu dans les méandres de la qualité "différenciée".

Le jambon sec est un exemple simple de l'évolution de la notion de "qualité".
Ce jambon a pratiquement disparu de nos étals et de nos assiettes...on a totalement oublié l'aspect culturel de ce produit.
Nous achetons aujourd'hui du jambon espagnol, français,  italien ou allemand si nous le désirons "fumé"

"Qualité" ne repose plus sur des critères inamovibles, pré-déterminés ou communs à tous mais tend vers un "but à atteindre".
L'exemple le plus simple est celui du papier.
Produit commun, chaque papier convient pour un usage distinct. Ils sont tous "de qualité" pour un usage mais le papier WC passe mal dans l'imprimante et le xerox laser mal sur mon anus.

Aujourd'hui, le travail se fait dans un sens différent de celui des années 60-80.
On détermine à qui on veut vendre (ou le but recherché) et on construit le "produit".

Revenons à nos moutons et à notre tourisme "qualité".
Il semble bien que comme pour le jambon dans les années 70, les acteurs ne parlent que de "critères" inamovibles, communs à tous et prequ'universels.
L'accueill, la connaissance des langues, la cuisine, le décors, le service...

Quid de la mobilité, de son évolution et des transformation de clientèle ? Personne n'en parle !
Quid de l'évolution de la hausse des prix des matières premières et des énergies, de l'impact sur les revenus du consommateur ou les prix des opérateurs ? On en parle pas non plus.
Quid de la situation energétique globale inadaptée de la majorité des gîtes et hôtels ? On ose pas en parler .
Quid de l'absence d'identité culturelle et gastronomique dans nos établissements où on trouve plus vite des crevettes et du homard que de la truite, du brochet ou du jambon de chez nous  ? On ose juste le regretter!
Quid de nos (nombreux) villages de vacances vieillissant (A l'heure actuelle, 3 d'entre-eux sont devenus croix rouge et acceuillent les candidats réfugiers) ? J'ose à peine y penser !
Quid du développement rural ? On ne va pas en parler, c'est un sujet qui fâche !


Je pourrais continuer... il faut penser un peu, réfléchir à ce que demain nous réserve et faire nos choix touristiques.
Faire un tourisme de qualité... oui mais adapté à qui ? Par quels acteurs, dans quel contexte, pour quel public.
L'heure des choix a sonné.
Il y a peu de chance que les maisons du tourisme et les politiques qui les dirigent soient capables de modifier leurs "ronrons"
Pourtant, lorsque l'argent public aura été dépensé en pure perte, il sera trop tard ...

Je vais aller faire mon potager, au moins si demain on crève de misère j'aurai des carottes et des panais....!
Mon jardin est de qualité car adapté à mes besoins futurs....












 

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